On entend beaucoup parler des défis entourant le 4.0. L’intégration des plateformes technologiques sont essentielles au développement économique des entreprises. La société fait face à un mouvement de changement industriel qui est inévitable avec des répercussions aussi majeures que lors de l’avènement de la mondialisation. L’Europe a déjà emboîté le pas, les États-Unis suivent et le Canada joint tranquillement la cadence plaçant le Québec dans les provinces où l’investissement en technologie est parmi les plus hauts au pays.

Les défis présents lors de l’intégration des projets 4.0 sont principalement reliés au manque de main d’œuvre qualifiée, aux coûts excessifs que représentent parfois les investissements en technologie, au rendement incertain du capital investi et à la résistance des employés aux changements.

Une bonne intégration des projets technologiques, selon la BDC, augmenterait jusqu’à 60% la productivité, réduirait de jusqu’à 50% les coûts d’exploitation et augmenterait la qualité de production de 42%. Ces statistiques nous donnent le désir d’investir en technologies mais ne témoignent pas d’une réalité indéniable sur le terrain. Pour qu’un projet d’intégration technologique fonctionne, il faut mobiliser et engager les employés dans le processus. L’humain étant naturellement réfractaire aux changements et anxieux lorsque ceux-ci causent une instabilité situationnelle et ponctuelle dans leur travail, l’évolution technologique et les mises en place de nouveaux outils numériques sont malheureusement perçu négativement. Le refus des employés d’adhérer aux changements nuit aux projets d’intégration et retarde le succès des retombées de productivité accrue. On peut même voir, au contraire, une baisse de productivité causée par la perception négative des employées face au travail. Stress, absentéisme, attitude négative et conflits peuvent naître d’une mauvaise compréhension de l’apport d’une intégration technologique.

Les entreprises qui investissent davantage en technologie et qui investissent dans la formation de leur personnel face à l’intégration des technologies sont beaucoup plus performant rapidement que ceux qui intègrent des changements technologiques sans tenir compte du facteur humain.

L’évolution de la société va au courant des prochaines années modifier le marché du travail, créer de nouveaux postes et en abolir d’autres. Il faut prendre le temps d’accompagner les travailleurs dans tous ces changements. Il faut faire des plans d’action, mobiliser les employés et stimuler l’engagement dans les processus entourant l’efficacité opérationnelle. Il faut prendre le temps de sécuriser les employés et adresser ouvertement les craintes reliées aux changements entrevus dans le milieu de travail.

Le modèle classique de l’entreprise est révolu. La productivité doit être repensée en tenant compte de plusieurs facteurs autres que de simplement travailler plus fort ou plus vite. On doit développer l’intelligence collective pour mieux produire. On doit engager les employés dans le changement. Les préparer à s’ouvrir à toutes les nouveautés. Les amener à voir les changements de manière positive afin d’en faciliter l’intégration.

L’intégration des technologies ne peut être qu’un succès pour l’organisation que si les travailleurs se joignent au mouvement. Seules les entreprises conscientes de la valeur des ressources humaines dans le processus connaîtront un chemin parsemé d’épreuves au lieu d’un chemin parsemé d’obstacles. L’humain est au cœur du développement.