Et si on vous disait que la majorité des conflits en milieu de travail pouvait être prévenus? Et si on vous disait qu’en changeant notre approche envers ceux-ci qu’ils éviteraient bien des escalades et des dommages collatéraux?

Il faut tout d’abord connaître la différence entre un problème et un conflit. Un problème repose sur des faits pour lesquels nous devons trouver une solution. Je manque de temps pour réaliser une tâche. Je vais donc réorganiser mon temps pour mieux gérer mes priorités. Voilà un exemple d’un problème et d’une solution. Un problème se circonscrit. Il se nomme par des faits pour lesquels pour pouvons réfléchir à trouver une série de solutions adressant ces faits.

Qu’en est-il alors du conflit? Le conflit apparaît lorsque les émotions se mêlent de la partie. Un conflit peut être vécu en relation avec quelqu’un ou un groupe de personne ou encore avec une entité morale comme un employeur par exemple. Le conflit évoque des sentiments comme la frustration, la colère, le mépris, le sentiment qu’on ne nous écoute pas. En ce sens, ces sentiments négatifs escalades jusqu’à un point de rupture. Un point de non-retour. Il faut donc être capable d’adresser rapidement les conflits pour les ramener à des faits et ainsi désamorcer les bombes émotionnelles collatérales.

Il existe plusieurs phases de conflits. Le conflit évolue jour après jour et chaque étape laissée pour compte envenime les choses. Plus les émotions escaladent, plus notre capacité à juger la situation de manière objective est teintée de subjectivité. Il faut donc agir vite pour éviter l’explosion, le point de rupture.

Les étapes du conflit

La première étape est la phase de déclenchement. À cette étape, une situation nous a causé un malaise profond et nous éprouvons des sentiments négatifs à l’égard d’une autre personne ou d’une situation. À ce stade, nous sommes encore objectifs et pouvons généralement nommer clairement ce qui nous a perturbé. Avec une intervention, nous pouvons facilement retourner au calme et dégonfler la situation afin de résoudre le tout. Si le conflit n’est pas abordé, nous entrons dans la phase de l’escalade. Grossièrement, on se « crinque ». On se plaint, on évacue nos émotions aux autres, on ramène de l’animosité à la maison. Pendant ce temps, notre jugement se teinte de plus en plus. On devient de moins en moins objectif. On est perpétuellement frustré. On a de la difficulté à se contrôler, on se parle sans plaisir. C’est l’indifférence contrôlée suivie de l’évitement. On s’isole pour ne pas être en présence de l’autre. On commence ensuite à rallier les gens avec nous. On recherche des alliances à notre cause.  Il y a ensuite l’éclatement de comportements hostiles et d’accusations contre l’autre ou la situation. Et finalement le point de rupture, le congédiement ou le départ volontaire. Tout ça parce que nous avons voulu ignorer le conflit en pensant qu’il allait disparaître ou encore parce que nous n’avons pas eu le temps (ou pris) le temps de le faire en sous-estimant l’ampleur que celui-ci allait prendre.

Les conflits sont naturels et font partie des enseignements de la vie. C’est par nos interactions avec les autres que nous grandissons. Nous avons tous un passé et un bagage qui défini qui nous sommes. L’environnement de travail est organique. Il repose sur l’énergie collective de tous les employés. Il faut donc garder cette énergie fluide et adresser les non-dits. On ne peut pas éviter les conflits. On peut cependant les rendre moins tabous, favoriser une culture de dialogue et d’échange, de respect de l’autre et d’écoute. Le travail est là pour nous socialiser. Sa nature va au-delà de la tâche à accomplir. Il défini qui nous sommes et pourquoi nous le faisons. Il faut donc avoir le courage de préserver notre climat de travail et d’être un acteur proactif face aux conflits.

En adressant les conflits, vous permettez à votre équipe de rester performante. De ne pas être teintée par des émotions négatives. Chaque conflit entraîne une baisse de performance généralisée puisque celui-ci fini par toucher toute l’équipe.

Vivez-vous dans un environnement propice à la résolution de conflits?