Motiver à distance

L’humain est par défaut paresseux. Le télétravail peut facilement aller dans ce sens. Confronté à travailler de la maison, les distractions sont nombreuses. Il est facile de tomber dans la distraction et de s’éteindre tant au niveau de son énergie globale que dans son engagement envers son organisation. La motivation est un enjeu important pour garder le focus sur les objectifs à atteindre au quotidien.

L’auto-motivation

Se motiver n’est pas toujours chose facile. En équipe, la motivation est toujours plus forte, ce qui explique la popularité des groupes d’entraide pour atteindre des objectifs. En télétravail, le groupe n’est pas physiquement omniprésent, ce qui plonge rapidement chaque personne dans l’isolement si des plateformes de communication collaboratives ne sont pas mises en place. L’influence du groupe sur la motivation personnelle n’est pas négligeable dans l’équation. L’effet de groupe pousse au dépassement de soi pour le bien collectif. En solo, la réalité est bien différente même si un travail d’équipe se cache derrière un écran.

L’auto-motivation commence donc par soi. La motivation est intrinsèque et relève de sa propre perception personnelle face à ses attentes. Pour arriver à se motiver, quelques éléments peuvent être travaillés afin de prendre conscience de son potentiel en sachant l’alimenter.

Rester « focus » sur les tâches à valeur ajoutée

Chaque individu a des forces spécifiques à lui. Ces forces sont celles qui font généralement de lui un acteur à valeur ajoutée dans l’organisation. Pour se garder motivé, il est important de se valoriser dans les tâches qui font briller. La valorisation et le sentiment de fierté pour un travail bien accompli sont deux sentiments qui ont pour effet de garder sa motivation « allumée ». En redéfinissant ses tâches en télétravail, il est préférable de se questionner sur la pertinence de toutes les tâches réalisées au quotidien pour valider que celles-ci sont toujours importantes dans le cadre des objectifs à atteindre. Éliminer certaines tâches non pertinentes peu dégager du temps et permettre au moral de rester motivé. En déléguer d’autres peu s’avérer une solution intéressante pour mettre se débarrasser de tâches secondaires pouvant être réalisées par d’autres collègues.

Redéfinir le temps

Peu de gens savent réellement utiliser leur temps de manière efficace. Plusieurs gaspillent des minutes voire des heures sans réellement finir quoi que ce soit. Le temps est la ressource la plus précieuse pour atteindre ses objectifs et rester motivé.

Pour aider à comprendre comment le calculateur de temps fonctionne, on peut simplement visualiser un vase avec des balles. Le nombre de balle dans le vase correspond au nombre d’heures travaillées dans une semaine. Lorsqu’il n’y a plus de balles disponibles, le temps est écoulé. Cet exemple visuel est un point de départ pour apprendre à gérer son temps et surtout atteindre un équilibre de vie personnel et professionnel. Ainsi, avoir des repères de temps par rapport aux tâches à réaliser aide à respecter son horaire de travail en étant fier de pouvoir atteindre ses objectifs journaliers. Plusieurs font des listes interminables sans avoir la satisfaction personnelle d’arriver au bout de la liste. Pour être motivé, le sentiment d’accomplissement doit s’arrimer à une certaine finalité qui ne peut être atteinte qu’en finissant une tâche de manière définitive.

Avoir une liste de choses à faire, qui comporte tout au plus cinq priorités par jour, aide à respecter son horaire tout en atteignant de petits objectifs. Des petites victoires journalières motivent au quotidien tout en gardant en tête l’importance de contrôler son temps de travail.

Se garder du temps pour les imprévus est aussi un outil pour éviter le débordement et la surchauffe mentale. Appliquer la loi du 20/80 est un bon moyen d’organiser son horaire. Sur une journée typique de huit heures, six heures devraient être organisées et deux laissées ouvertes pour les dépassements et les imprévus. De cette façon, cette période tampon réduit le stress et permet d’avoir une certaine paix d’esprit face aux surprises quotidiennes. Peur de laisser des trous libres à l’horaire? Une liste de choses à faire secondaire peut permettre d’adresser d’autres tâches moins prioritaires en cas de manque de travail.

Se mettre des journées de rattrapage au calendrier peut aussi permettre de se déposer et d’arrêter de se courir après la queue. Puisque le télétravail comporte un volet de flexibilité face aux tâches à exécuter, se permettre des journées de rattrapage planifiées au calendrier une fois aux six semaines est un excellent moyen de relâcher la pression afin de se garder motivé. Rouler à fond et ne jamais être capable d’accomplir quoi que ce soit tue la motivation personnelle à longs termes.

Utiliser un agenda est un premier outil pour se mettre en action. Souvent mal aimé pour sa structure, l’agenda encadre et organise sa planification personnelle et professionnelle pour arriver à ses fins. Rien de mieux qu’une date butoir pour se mettre une pression positive à la réussite.

Savoir dire non

Savoir dire non est également un excellent moyen pour rester motivé. Le dépassement de ses limites personnelles peut être bénéfique et amener l’un à dépasser ses barrières limitatives. Pour l’autre, ce dépassement créera un sentiment d’abus et une perte d’engagement face à la surcharge. Savoir dire non est la base du respect de ses limites. En télétravail, les courriels et les demandes peuvent arriver de tous côtés. Sans présences physiques, il est parfois difficile d’envisager la charge de travail des collègues de son équipe. La communication est la clé pour connaître le pouls et le rythme de travail de son équipe et avoir la capacité de dire non peut éviter une dérape vers des déceptions causées par des tâches non réalisées faute de temps.

Dire non n’est pas une attaque envers l’autre mais plutôt une opportunité de rester dans son seuil de travail réalisable pour conserver un équilibre mental sain. Les programmations dues au modèle capitaliste ont forgé un sentiment de culpabilité dans la tête de bien des travailleurs.  Dire non est perçu négativement et la peur de déplaire cause bien souvent l’effet toxique d’accepter plus qu’on ne peut en prendre, d’où l’importance de connaître ses balises de temps pour une organisation du travail optimale. Personne ne peut travailler à plein régime de manière permanente dans séquelle psychologique. En télétravail, l’écran rajoute une fatigue mentale qui n’est pas négligeable. Il est important d’en prendre conscience pour éviter de tomber dans le piège de la surcharge. Quelqu’un de brûlé ne peut pas rester motivé.

Se remettre en question et chercher les réponses à l’intérieur de soi

Tel qu’expliqué plus tôt, la motivation est intrinsèque. Sans période de réflexion pour se poser les vraies questions, il est impossible de trouver son feu sacré. On ne peut donc pas parler de motivation personnelle sans connaitre ses objectifs profonds. Les objectifs peuvent varier dans le temps et se modifier en cours de route. Il n’y a rien de statique et ce qu’on croit être un objectif tant convoité peut l’être pour des mauvaises raisons comme l’envie ou l’appât du gain. Plusieurs se retrouve malheureux avec des postes tant convoités d’où l’importance de connaître sa motivation profonde.

En télétravail, il est facile de croire que 100% de son temps devrait être passé devant un écran. Faire un exercice de réflexion personnelle et fermer l’écran ponctuellement peut favoriser ce temps de réflexion pour se remettre en selle avec plus de motivation.

Motiver les autres

La motivation personnelle prise en charge, il reste la motivation d’équipe à tenir élevée pour atteindre des résultats encore plus probants. En télétravail, il est facile de tomber dans le piège des silos et de faire sa petite affaire sans tenir compte des autres. La synergie d’équipe demande un effort considérable pour l’entretenir et garder la motivation au rendez-vous.

Trois facteurs peuvent aider à motiver les troupes à distance : déterminer l’ennemi commun, les buts communs et les victoires communes. La synergie est forte lorsque des éléments communs viennent lier les membres d’une équipe.

Déterminer les ennemis communs

L’humain aime se rallier à ceux qui détestent les mêmes choses que lui. En jouant le jeu de déterminer un ennemi commun, on engage une chasse à l’ennemi qui peut en soi devenir une motivation à se dépasser. L’ennemi n’est pas un réel ennemi mais un portrait de ce qu’on désire voir éliminé dans le travail.

Exemple : L’ennemi commun est le temps supplémentaire. On se rallie à faire la guerre au temps supplémentaire et on se félicite de tenir l’ennemi à distance. À chaque semaine on se félicite collectivement de respecter l’équilibre vie personnelle et professionnelle.

Exemple : L’ennemi commun est la plainte client. On se rallie à faire un service extraordinaire pour atteindre un objectif de « zéro plainte ». On communique régulièrement les résultats face aux plaintes.

Exemple : L’ennemi commun est la surcharge causée par les courriels inutiles. On se rallie à faire l’effort de bien communiquer pour éviter la surinformation par courriel. On souligne à chaque semaine, en équipe, le résultat face à cette « guerre ».

Nommer les buts communs

Peu sont ceux qui prennent le temps de nommer les attentes et qui font des suivis en équipe sur la progression des buts à atteindre. Beaucoup travaille à exécuter des tâches plutôt qu’à atteindre des objectifs communs. Les objectifs communs permettent de prendre du recul afin de se réaligner sur un but. Les objectifs communs devraient être au cœur des discussions hebdomadaires entre collègues au lieu de se perdre dans les tâches.

Souligner les victoires communes

Prendre le temps de souligner les victoires d’équipe, parler au « nous » et mettre l’accent sur le « on » requiert une reprogrammation langagière qui porte fruit. En modifiant la manière de s’exprimer pour mettre le collectif à l’avant-plan, l’engagement est stimulé et la responsabilité face à l’objectif partagée. La motivation est toujours plus forte en groupe.

Exemple : Notre équipe a atteint les chiffres de vente souhaités.

Exemple : On va devoir changer nos façons de faire ensemble.

La motivation d’équipe se compare à une relation de couple. Pour qu’elle dure, on doit l’entretenir et y mettre du temps.

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