Ce que tu tolères devient rapidement la norme

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Il y a des phrases qui frappent, qui restent et qui dérangent juste assez pour provoquer une prise de conscience.

« Ce que tu tolères devient la norme. »

Je l’ai entendue récemment dans un colloque, et depuis, elle revient constamment dans mes coachings, mes formations, mes accompagnements.

Pourquoi? Parce qu’elle met le doigt exactement là où ça fait mal : notre rapport au courage. Et je dirais même notre rapport à l’effort et la discipline nécessaires pour faire ce qui doit être fait peu importe que ça nous tente ou pas.

Le confort du silence… et ses conséquences

Dans plusieurs conversations avec des leaders, un même défi revient : avoir des conversations difficiles.

Nommer un comportement.
Adresser un enjeu.
Dire ce qui doit être dit, même quand c’est inconfortable.

Ce n’est pas un problème de compétence. C’est rarement un manque de clarté. Je remarque ici plutôt un enjeu de courage.

Et soyons honnêtes : ne rien dire est souvent plus facile. On espère que ça va passer, on minimise, on remet à plus tard. On fait comme si ça n’existait pas. L’humain choisit toujours la facilité du moment plutôt que l’effort et l’inconfort amenant résultat et efficacité dans le futur.

Mais ce qu’on oublie, c’est que le silence envoie un message lui aussi et contribue à créer une nouvelle norme.
 

Dans une équipe, dans une organisation, ne rien dire équivaut souvent à dire :
« c’est acceptable ».

Ce que tu tolères s’installe

Un comportement laissé passer une fois devient plus facile à répéter. Puis, tranquillement, il s’installe.

Un ton un peu sec.
Un manque de collaboration.
Une attitude négative.
Une baisse de rigueur.

Avec le temps, ces comportements ne dérangent même plus. Ils deviennent « la façon dont ça fonctionne ici » autrement dit, la norme.

Et c’est exactement là que le problème commence.

Les données démontrent d’ailleurs que ce n’est pas sans conséquence : 48 % des employés réduisent volontairement leurs efforts, 66 % voient leur performance diminuer et 78 % deviennent moins engagés lorsqu’un climat d’incivilité s’installe.

Le paradoxe du leadership

Ce que je vois souvent sur le terrain, c’est un décalage entre ce que l’on souhaite et ce que l’on tolère. Je vois beaucoup et trop souvent de l’incohérence.

On veut :

  • des équipes engagées
  • de la collaboration
  • du respect
  • de la rigueur

Mais la réalité est que l’on laisse parfois passer l’inverse. Mais pourquoi? Pas par manque de volonté mais plutôt par inconfort. Personnellement, ce constat me dérange. Quand tu es un leader dans ton organisation, que l’on choisit de te faire confiance et te remettre les clés pour conduire l’équipe, l’inconfort n’est plus une excuse pour ne pas faire ou dire ce qui doit être fait ou dit.

Tolérer, c’est aussi enseigner

Chaque non-intervention enseigne quelque chose.

Elle enseigne ce qui est permis, ce qui ne sera pas adressé, ce qui est « normal » ici.

Et quand ce sont des comportements ou des pratiques problématiques qui passent on contribue et on influence la création de l’environnement que l’on ne souhaite pas.

Ce qui est toléré ne disparaît pas. Bien au contraire, il se renforce.

Le courage managérial, concrètement

Un leadership courageux ne signifie pas être dur ou confrontant. Ça n’a rien à voir et c’est tout là le problème, la perception que l’on a du courage managérial.

Il signifie être capable d’avoir les conversations nécessaires, au bon moment, avec respect et clarté même si c’est inconfortable.

C’est choisir l’inconfort à court terme pour protéger ce qui compte à long terme.

Comment développer plus de courage et de cohérence

Bonne nouvelle : ça se développe. Et ça se pratique.

Voici 4 étapes clés.

  1. Prendre conscience de ce que tu tolères

Pose-toi ces questions :

  • Qu’est-ce qui m’irrite, mais que je laisse passer ?
  • Quels comportements je justifie ou excuse ?
  • Qu’est-ce que je reporte depuis trop longtemps ?

Cette étape demande de l’honnêteté. Mais c’est souvent là que tout commence.

  1. Clarifier tes standards

Tu ne peux pas adresser ce qui n’est pas clair.

Définis ce qui est important pour toi :

  • les comportements attendus
  • les façons de collaborer
  • les limites à ne pas franchir

Et surtout, assure-toi que ce soit connu et communiquer, souvent, régulièment.

  1. Nommer tôt, calmement, simplement et avec des faits

Plus tu attends, plus c’est difficile. Pas besoin d’avoir le discours parfait.

Prends le temps de :

  • décrire ce que tu observes
  • nommer l’impact
  • préciser l’attente
  1. Être cohérent surtout quand c’est inconfortable

C’est ici que tout se joue. Le courage, ce n’est pas un geste ponctuel. C’est une posture.

Cela veut dire :

  • intervenir plus d’une fois si nécessaire
  • ne pas choisir uniquement les situations faciles
  • t’appliquer à toi-même ce que tu attends des autres : sois un exemple!

Ton équipe ne s’aligne pas sur ce que tu dis, elle s’aligne sur ce que tu fais.

En conclusion

« Ce que tu tolères devient la norme. »

Cette phrase est simple, mais exigeante.

Elle nous rappelle que :

  • notre silence a un impact
  • nos non-actions construisent une culture
  • notre leadership se joue dans le quotidien

Alors la prochaine fois que tu hésites à avoir une conversation difficile, pose-toi cette question :

Est-ce que je suis prêt(e) à ce que ça devienne la norme ?

Si la réponse est non, tu sais exactement ce qu’il te reste à faire.

Passer à l’action

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